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Abandon de panier sur Shopify : les causes françaises que les guides traduits oublient

Par Victor A.08/08/267 min de lecture
Abandon de panier sur Shopify : les causes françaises que les guides traduits oublient

Tape « abandon de panier Shopify » et tu tombes sur une série d'articles qui disent tous la même chose. Installe Klaviyo, envoie 3 emails, mets une barre de progression.

Ces articles sont traduits de l'anglais. Ils décrivent un acheteur américain qui paie en un clic avec Shop Pay et se fait livrer par UPS à domicile. Ton acheteur français a d'autres réflexes, et d'autres raisons de fermer l'onglet.

le chiffre que tout le monde cite

Le Baymard Institute agrège 50 études et arrive à un taux moyen d'abandon de panier de 70,22 %. C'est le chiffre repris partout, et il est solide.

Sur leur panel d'acheteurs américains, la première cause d'abandon au moment du paiement est le coût supplémentaire trop élevé (livraison, taxes, frais divers), citée par 40 % des répondants. Viennent ensuite le délai de livraison trop long, la méfiance envers le site pour ses données bancaires, et la création de compte obligatoire.

Ce panel est américain. Les causes qui suivent, je les vois sur des boutiques françaises, et elles n'apparaissent dans aucun de ces classements.

pas de point relais au checkout

En France, le retrait en point relais fait partie des modes de livraison que l'acheteur cherche par réflexe. Quand il arrive à l'étape livraison et qu'il ne voit qu'une case « livraison à domicile », il ferme l'onglet.

C'est particulièrement vrai sur les petits et moyens paniers, là où l'écart de prix entre domicile et relais pèse lourd dans la décision.

Shopify propose des points de retrait nativement, et Mondial Relay a son app officielle. J'ai détaillé les deux méthodes et les pièges de configuration dans mon article sur Mondial Relay sur Shopify.

Le piège le plus fréquent : le sélecteur est installé mais il ne s'affiche pas, parce que la zone d'expédition ou le poids produit sont mal réglés. Le marchand croit proposer le point relais. Le client ne le voit jamais.

pas de paiement en plusieurs fois

Le paiement fractionné est entré dans les habitudes françaises. Alma, Klarna, Scalapay, les acheteurs reconnaissent ces noms et les cherchent, surtout sur les paniers élevés.

Les 3 sont disponibles sur Shopify. Alma a une app dédiée, Klarna s'active depuis Shopify Payments, Scalapay propose son module.

Le détail qui change tout est l'endroit où tu l'affiches. Un badge « payez en 3 fois » posé uniquement sur la page de paiement arrive trop tard : le client a déjà décidé, ou pas. Le bon emplacement est la fiche produit, sous le prix, avec le montant de la mensualité calculé. C'est là que ça déplace des décisions d'achat.

les frais de port découverts trop tard

C'est la cause numéro 1 chez Baymard, et elle est encore plus brutale en France où la livraison gratuite au-dessus d'un seuil est devenue la norme sur les gros sites.

Un client qui ajoute un produit à 39 euros et découvre 6,90 euros de port à l'avant-dernière étape se sent piégé. Il l'apprend à l'endroit du parcours où il se croyait arrivé.

Deux réglages qui coûtent 20 minutes. Affiche le seuil de livraison gratuite dans une barre en haut du site, avec le reste à atteindre calculé en direct sur le panier. Et donne une estimation de frais de port dès la fiche produit quand ton catalogue le permet.

Si tu veux mesurer ce que ça rapporte plutôt que de le supposer, j'ai écrit sur comment tester ces changements proprement.

la carte refusée au 3D Secure

Depuis la DSP2, l'authentification forte s'applique à la plupart des paiements par carte en Europe. Le client est renvoyé vers l'écran de sa banque, saisit un code reçu par SMS ou valide dans son app bancaire.

Cette étape casse des paniers pour des raisons très concrètes. Le SMS qui traîne. L'app bancaire qui demande une reconnexion. Le client sur mobile qui bascule d'app en app et perd le fil. La banque qui refuse par excès de prudence sur un premier achat.

La banque du client t'échappe. Ce qui se passe après le refus t'appartient.

Vérifie que ton checkout affiche un message de refus lisible avec la possibilité de réessayer immédiatement, plutôt qu'un retour brutal au panier. Et regarde tes taux d'autorisation par moyen de paiement dans les analyses Shopify. Si un moyen de paiement décroche par rapport aux autres, tu as trouvé une fuite.

Proposer des alternatives à la carte aide aussi. PayPal et Apple Pay portent leur propre authentification, souvent plus rapide à passer.

la réassurance et le checkout mal traduit

L'acheteur français est méfiant, et il vérifie. Il cherche des mentions légales, un numéro de SIRET, une adresse, un moyen de contact humain, une politique de retour claire.

Sur une boutique jeune, l'absence de ces éléments se paie au checkout. Le client arrive avec sa carte en main, a un doute, et va vérifier qui tu es. S'il ne trouve rien, il ne revient pas.

Ces pages sont obligatoires en France, et elles font partie de ta réassurance. J'ai détaillé ce qu'il faut y mettre dans mes articles sur les mentions légales et les CGV sur Shopify.

L'autre signal qui tue la confiance est le checkout mal traduit. Shopify traduit son tunnel de commande, mais tout ce qui vient des apps et de ton thème garde souvent sa langue d'origine. Un bouton « Continue to shipping » au milieu d'un parcours en français, un message d'erreur en anglais, un nom de mode de livraison resté tel quel, et le client se demande à qui il achète.

Fais le test une fois par trimestre. Une commande complète, sur mobile, en te forçant à lire chaque mot affiché.

relancer, et le consentement qui va avec

Shopify envoie nativement un email de panier abandonné. Tu le configures dans Marketing, Automatisations, avec le délai de ton choix.

Sa limite est réelle : il ne se déclenche que si le visiteur a saisi son email dans le tunnel de commande. Tous ceux qui ont rempli leur panier puis quitté la page produit sont hors de portée.

Une app d'emailing comme Klaviyo élargit la cible aux visiteurs identifiés en amont, par exemple via une inscription newsletter, et permet des scénarios à plusieurs étapes avec des conditions. C'est le vrai argument pour payer un outil externe.

Reste la partie que les guides anglophones sautent complètement. En France, un email de relance de panier abandonné est de la prospection commerciale au sens de la CNIL, parce qu'il incite à finaliser un achat.

La règle est l'opt-in : consentement préalable, libre, spécifique et éclairé. Il existe une tolérance pour les clients existants, quand l'adresse a été collectée lors d'un achat et que le message porte sur des produits similaires. Un panier abandonné, par définition, n'a pas donné lieu à un achat. Donc si la personne n'a jamais rien commandé chez toi et n'a jamais coché de case, la tolérance ne s'applique pas.

En pratique, mets une case d'inscription à la newsletter, décochée, dans ton tunnel de commande, et n'envoie de relance qu'aux personnes qui l'ont cochée ou qui sont déjà clientes. Chaque email doit porter un lien de désinscription qui fonctionne en un clic.

Ça réduit ta base de relance. Ça t'évite aussi une réclamation, et les emails que tu envoies partent à des gens qui les ont acceptés, ce qui se voit dans les taux d'ouverture.

Si tu veux savoir où fuit ton tunnel de commande précisément, ça se regarde dans le code et dans tes données. C'est ce que je fais dans un audit : je passe une commande complète, je note chaque friction, et je te dis dans quel ordre les traiter.

À propos de l’auteur

Victor A.

Victor A.

Tech-Everywhere

Développeur Shopify indépendant basé en Bretagne. J’aide les marques DTC à booster leurs performances techniques, leur SEO et leurs conversions.

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