Le 1er juillet 2026, la Fevad a publié l'édition 2026 de ses « Chiffres clés du e-commerce ». Le nombre repris partout depuis est celui du haut de page, 196,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025, en hausse de 7 %.
Celui qui m'intéresse est juste à côté. Sur la même année, le marché a enregistré 3,2 milliards de transactions, en hausse de 11 %.
Deux courbes qui montent à des vitesses différentes. Les Français commandent plus souvent et dépensent moins à chaque passage en caisse. Le panier moyen est descendu à 62 euros, en recul de 3 %, et 42,2 millions de personnes achètent en ligne, soit 80 % des Français de 16 à 74 ans.
Ce décalage a des conséquences très concrètes sur les réglages d'une boutique Shopify française. Je les prends dans l'ordre.
un panier à 62 euros supporte mal des frais de port fixes
La moitié des transactions du marché sont passées sous les 30 euros en 2025. Sur une commande à 30 euros, 5,90 euros de port pèsent près d'un cinquième du montant, et le client fait ce calcul même vite fait.
J'ai déjà écrit pourquoi les frais découverts trop tard cassent une commande dans mon article sur l'abandon de panier. Ce qui se joue ici est le montant du seuil.
Le seuil de livraison gratuite se calcule sur ton panier moyen à toi. Il est dans Shopify, sous Analyses puis rapports de vente, ligne valeur moyenne de commande. Prends 3 mois glissants plutôt que le mois en cours, qui est toujours déformé par une promo ou une saison.
Les 62 euros de la Fevad sont une moyenne du marché entier, services compris, avec les billets d'avion et les nuits d'hôtel dedans. Si tes clients dépensent 28 euros en moyenne, un seuil à 60 euros décore ta barre d'annonce et ne déplace rien. Et un seuil recopié d'un blog américain à 50 dollars ne veut rien dire non plus.
Un seuil qui travaille est posé juste au-dessus de ta propre moyenne, assez près pour qu'ajouter un article suffise à l'atteindre. Puis il se teste. Change-le, laisse tourner un mois complet, et compare la valeur moyenne de commande et la marge, pas seulement le taux de conversion.
L'autre bout du problème est le transporteur. La Fevad note que les modes de livraison hors domicile représentent maintenant près d'une livraison sur deux. Un point relais coûte moins cher qu'un domicile, ce qui te laisse de la marge pour offrir le port plus bas. Une boutique qui ne propose que la livraison à domicile paie plein tarif sur des paniers à 30 euros. J'ai détaillé les deux façons de brancher ça dans Mondial Relay sur Shopify.
69 % sur mobile, et l'arbitrage qui va avec
69 % des e-acheteurs français ont acheté depuis un mobile en 2025, 7 points de plus qu'un an avant. Le Lab de la Fevad mesurait 62 % pour 2023, donc la marche se monte vite.
Ce chiffre sert surtout à fixer un ordre de priorité dans tes corrections.
Un défaut qui ne casse que sur ordinateur touche une part minoritaire de tes visiteurs. Le même défaut sur téléphone touche la majorité d'entre eux. À budget égal, tu traites le mobile en premier, même si toi tu passes tes journées sur un 27 pouces.
Le mobile est aussi l'endroit où la lenteur se voit, parce que le processeur est plus faible et le réseau moins stable. Fais le test avec ton propre téléphone, wifi coupé, une commande complète du début à la fin. L'émulateur de Chrome ne reproduit pas la lenteur d'un processeur de milieu de gamme.
Les deux fautes que je retrouve le plus souvent sont bêtes. Un pop-up de réduction impossible à fermer au pouce, et un champ de code postal qui ouvre le clavier alphabétique au lieu du pavé numérique.
Le poids des scripts d'apps se paie deux fois plus cher sur mobile. La méthode pour trouver lequel coûte quoi est dans mon site Shopify est lent.
75 achats par an, la valeur est chez le client déjà acquis
Chaque acheteur français a passé 75 commandes en ligne dans l'année, pour 4 657 euros de dépense. La fréquence monte pendant que le montant unitaire baisse.
Pour une boutique, ça déplace la valeur vers le deuxième achat. Un client qui commande 4 fois à 40 euros t'a rapporté plus qu'un client qui commande une fois à 120, et il ne t'a coûté qu'un seul coût d'acquisition.
Regarde ton taux de clients récurrents dans les rapports clients de Shopify avant de remettre un euro dans la publicité. S'il est bas, tu remplis un seau percé, et chaque euro de pub finance une commande unique.
Sur les petites boutiques, ce qui ramène le client est banal. Un colis qui arrive quand il a été annoncé. Un email de confirmation avec un numéro de suivi qui fonctionne vraiment. La possibilité de recommander le même article en 2 clics depuis le compte client.
Rien de tout ça ne s'achète en app. Ça se règle une fois et ça travaille tout seul, ce qui en fait le meilleur rapport temps passé sur euros gagnés de cette liste.
32 % des ventes de produits passent par les places de marché
Un tiers des ventes de produits en ligne se fait sur une place de marché, d'après la même publication. La question que ça pose est celle du canal, avant celle de la boutique.
Si tu revends un produit référencé que 40 autres vendeurs proposent, la place de marché gagnera la recherche. Elle a le trafic, la confiance et la logistique, et tu ne rattraperas aucun des trois avec un thème Shopify mieux réglé. Ta boutique tient alors le rôle de vitrine de marque et de canal de marge, pendant que le volume se fait ailleurs.
Si tu fabriques, si tu as une marque, si ton produit ne se trouve pas ailleurs, la boutique reste ton terrain principal. La place de marché devient une option d'acquisition qui te prend une commission et te coupe du contact client.
Tenir les deux est possible et ça double le travail sur les stocks et les prix. Sur une boutique gérée par une seule personne, un canal tenu correctement bat deux canaux tenus à moitié.
41,4 % ont acheté d'occasion, et ce que ça ne change pas
41,4 % des cyberacheteurs ont acheté au moins un produit d'occasion sur les 12 derniers mois.
Pour la plupart des boutiques Shopify que j'ouvre, ce chiffre ne change rien à faire lundi matin. Tu ne vas pas ouvrir un rayon d'occasion parce que la Fevad l'a mesuré, et si tu vends du consommable ou de l'artisanat sur mesure, saute ce paragraphe.
Il compte pour une seule raison, la référence de prix dans la tête de ton client. Ton article neuf à 89 euros est comparé, dans le même après-midi, à un équivalent à 35 euros sur Vinted ou Leboncoin. Le client ne te le dira jamais, il fermera l'onglet.
Ce que tu peux faire est d'écrire noir sur blanc ce que les 54 euros d'écart achètent. La garantie, le retour sous 14 jours, l'état réellement neuf, quelqu'un à qui parler si ça casse. Sur la fiche produit, sous le prix, pas dans une page à part que personne n'ouvre.
par où je commencerais
Trois choses, dans cet ordre, sur une boutique française qui tourne aujourd'hui.
Sors ta valeur moyenne de commande sur 3 mois et compare-la à ton seuil de livraison gratuite. Si le seuil a été choisi au doigt mouillé, c'est le réglage le plus rapide à corriger de toute cette liste.
Passe une commande complète depuis ton téléphone, en réseau mobile, et note chaque endroit où tu hésites.
Ouvre ton taux de clients récurrents avant ton tableau de bord publicitaire.
Le reste, marketplace et seconde main, se décide à froid et pas un mardi soir entre deux commandes.
Ces réglages, je les regarde dans chaque audit, avec tes données plutôt qu'avec des moyennes nationales. L'audit est à 590 euros, et il est déduit intégralement si tu me confies les correctifs derrière.




